• Justine

Mon road trip de folie en Australie

Mis à jour : 3 févr. 2019


Sur un coup de tête, j’ai voulu changer ma vie en devenant à 19 ans fille au pair dans une famille à l’autre bout du monde. Entre road trips, nouveaux amis et paysages fantastiques, découvrez mon incroyable aventure…


Nous sommes en janvier et il neige du côté de Biarritz. Comme tous les matins j’allumais mon ordinateur et je matais mon Facebook et mes mails, et j’ai découvert un message de Jess qui me disait qu’avec Trent ils m’attendaient la semaine prochaine à Sydney. En faisant les magasins pour espérer trouver les derniers maillots de la saison, j’ai appelé ma mère « Allo ma chérie ça va ? » « Oui très bien! Maman, quand tu rentres on achète mes billets d’avion, je pars en Australie jeudi ! »


Le choc !

J’ai très vite acheté mes billets, fait ma valise et appelé mon entourage pour leur dire « bye bye », personne n’y croyait, je l’ai annoncé sur Facebook la veille de mon départ. « Ici, je souhaite demander pardon à mes parents qui n’ont pas dû comprendre ce qui se passait et qui vont certainement stresser pendant plusieurs mois de savoir que je vais être très très loin… Je les remercie de ne pas m’avoir freiné dans ce que je voulais faire. »

Le matin en partant, il neigeait, direction Bilbao puis Madrid puis Dubaï et enfin Sydney. Bim 40° ! Je suis accueillie comme il se doit, ballon kangourou et pancarte avec des coeurs. Grosse voiture, grosse maison, je vais très vite m’y habituer. Ma « hostmum » ne parle pas un mot de français, mais je m’y fais très vite. Je mets à peine 5h pour récupérer de mon jetlag, je suis à fond, il fait beau, il fait chaud, je sens que je vais kiffer. Je suis l’heureuse fille au pair de trois petites filles nommées Olive (5 ans), Neive (2 ans et demi) et Penelope (18 mois). Elles sont splendides. La maison est magnifique, j’ai d’ailleurs ma propre maison à l’extérieur, je suis aux anges. Ils ont une énorme piscine, le père est trader et beau comme un dieu. Il m’apprendra à faire du skate, à conduire à gauche et à boire plein de bières.





Naïvement, je me suis dit que j’allais apprendre l’anglais, économiser le peu d’argent que je gagnais et rentrer en France blindée. Mon oeil ouais ! J’ai très vite rencontré des couples voyageurs qui avaient leur propre van, ils m’ont raconté leurs histoires, leurs trips. Ils m’ont aussi abreuvé de photos et là je me suis dit « hors de question que tu rentres en France sans voir tout ça ». Je suis passée par la phase : j’abandonne la famille, je m’achète un van et je me casse faire le tour de l’Australie mais, je ne l’ai pas fait.

Très vite, j’en ai fait beaucoup trop pour la famille et ils ont commencé à en profiter, je travaillais de 7h à 19h du lundi au vendredi pendant que Jess rentrait avec des sacs de shopping pour 1000$.


J’ai ressenti au bout de quelques semaines le besoin de sortir, j’ai rencontré beaucoup d’autres filles au pair avec qui les soirées étaient merveilleuses tous les soirs ! Je n’étais jamais fatiguée, je me réveillais à 6h30, je m’occupais des petites que j’emmenais à l’école, les deux plus petites restaient avec moi toute la journée. J’avais le droit à une pause lorsqu’elles faisaient la sieste (environ 1/2h), je faisais le gouter, des muffins maison, des crêpes, des pancakes, du pain perdu, des tartes aux fraises. Ensuite, je regardais La reine des neiges que chaque fille au pair des deux dernières années a dû voir plus de 100 fois tout comme moi. J’allais récupérer Olive à l’école en prenant les deux autres, je faisais les devoirs, je l’habillais pour la danse et me voilà repartie pour une promenade. A 19h, sans compter les trois machines quotidiennes, j’avais enfin fini. Je faisais 1h de sport et je partais en vadrouille.

C’est à peu près au bout d’un mois que j’ai rencontré celle que je définis aujourd’hui comme mon âme soeur. Elle vivait dans la même ville que moi, s’appelait Justine et était française.


Mon premier trip : direction, Great Ocean Road ou la deuxième plus belle route du monde après la route 66.


Le mercredi soir, bus, aéroport, puis recherche de la société à qui nous avions loué la voiture. Elle n’existait pas. Il était 21h, on fonce à Europcar, on paye une blinde pour une mini Dacia rouge, et c’est parti pour 958km en direction du Wilsons Promontory National Park. A 3h du matin, fatiguées comme jamais et après avoir évité 15 kangourous nous décidons de nous arrêter sur le côté d’une route (pardon papa-maman), je dors avec le volant entre les cuisses, on a froid ! A 6h du matin nous reprenons la route qui était époustouflante de par ces lignes droites qui ne finissent jamais. Finalement, le parc était moche, nous étions dégoûtées et surtout nous voilà reparties pour 315 kilomètres pour rejoindre Bells Beach qui est le départ de la Great Ocean Road. Nous trouvons très rapidement un back pack de surfeur, ultra propre, stylé. Le lendemain matin, je décide de prendre le volant que je n’ai pas lâché pendant 150 kilomètres, ce qui correspond à la longueur de la Great Ocean Road. Nous étions trois et pourtant le silence régnait dans la voiture, regard fixé à droite, puis à gauche, la route était sinueuse, c’était d’une beauté renversante, je frissonnais en conduisant et j’ai alors réalisé que j’avais seulement 19 ans et que j’étais en train de conduire sur une des plus belles routes du monde. Chaque spot est spectaculaire. Les forêts regorgeaient de koalas accrochés aux arbres. Nous finissions la route par les somptueux douze apôtres. Je suis descendu de la voiture, j’ai avancé et un mètre avant de voir ces merveilles, je me suis arrêtée et j’ai regardé Justine et Zoé et je leur ai dit : « Vous êtes prêtes ? ». Je savais que le prochain pas que je faisais, allait tout changer. J’ai pris une respiration et je me suis retrouvée à contempler ces rochers gigantesques. J’ai eu comme un vertige, je crois que c’est pour le moment la plus belle chose que j’ai vu au monde.


Next Stop : Melbourne


Très grande ville, nous sommes sorties, nous avons dansé dans les rues avec un chanteur, nous avons visité des monuments, nous avons pris un tas de photos, nous n'avons pas arrêté de marcher, nous nous sommes goinfrées de pâtisseries à St Kilda, nous n'avons presque pas dormi et nous nous sommes mises minable grâce à du vin blanc à 3$. En revanche, la plage est immonde.


Retour à la réalité


Le retour à Sydney fut difficile ! Profitant de mon énergie, Jess me donnait de plus en plus de travail. Contrairement à toutes les filles au pair, moi j’ai perdu 7 kilos en 6 mois.

Oui toi qui étais au pair, je sais que tu me détestes et que tu repenses à tes kilos accumulés en mangeant les mêmes choses que les enfants !

Rapidement, Jess m’a fait comprendre que je n’étais plus la bienvenue, sa soeur habitant Londres allait débarquer pendant les vacances avec ces quatre enfants et ils avaient besoin de la maison que j’utilisais. Elle m’a laissé six semaines pour partir. J’ai appelé Justine en pleurs, elle ne comprenait pas non plus. Heureusement Justine prenait des vacances pile au moment où je devais déguerpir. Nous décidons de faire un ultime voyage. On prépare tout chez l’une ou chez l’autre. Un van est de rigueur, ce sera plus économique et tellement « Australie ».


Quelques jours avant de partir, je me fais pousser à la porte comme une malpropre et en me faisant enfler de 400$. J’appelle Justine pour qu’elle vienne me chercher, il a fallu une bonne journée pour que je me remette de cette trahison. J’étais devenue la maman des trois petites filles, j’avais fait plus que leur propre mère et je n’ai pas eu ni remerciement, ni reconnaissance. Je suis tombée de dix étages.


Direction Brisbane


Accompagnée de ma valise qui contient six mois de ma vie, je m’envole pour Brisbane. J’avais dû payer un surplus de 80$, je n’avais déjà presque plus d’argent mais alors là j’étais au bout de la faillite. En arrivant, nous prenons le bus pour rejoindre l’endroit où nous attend notre van. Il est trop moche mais tellement marrant.  A l’arrivée on décide d’aller se promener dans la ville, le pichet de « strawberry cider » n’est pas de refus.



Au volant du van,  en route pour Byron Bay 


C’est une ville typique de surfers. Nous y passerons notre première nuit. Le matelas est riquiqui mais ultra confortable, la couverture est super chaude et les rideaux sont assez épais pour que l’on soit dans le noir. Le réveil n’est pas trop difficile, on n'avait rien à manger… La ville de Byron Bay est super mignonne et les plages sont ensoleillées.


La découverte du Miami australien 


Des buildings énormes, une plage gigantesque, nous sommes à Surfer Paradises ! C’est une des villes à faire en Australie, nous décidons de monter en haut de la plus grande tour résidentielle du pays, le panorama y est somptueux. L’océan est à perte de vue, les chinois sont présents et nous prennent pour des hôtesses, nous n’avons jamais autant été prises en photo à leurs bras.

Nous sommes en plein hiver australien, mais avec ce soleil et notre huile de coco, le bronzage est optimal ! La plage de sable blanc se prolonge sur des kilomètres. Le soir, posées sur la plage à côté des barbec, nous cuisons nos steaks hachés et essayons péniblement de faire cuire des pâtes, malheur, il n’y a plus de gaz, donc plus de chaleur et on obtient à chaque fois des pâtes semi-cuites, on adore ! La douche est horrible, on crie de chaque côté des portes tellement on a froid, l’eau des douches de plages est glacée. Pour se préparer à sortir et recharger nos téléphones, on trouve un centre commercial, nous fonçons dans les toilettes pour nous lisser les cheveux, nous maquiller, laisser brancher nos téléphones et nos recharges externes. Une fois prêtes, il faut encore attendre dans des fauteuils histoire d’avoir nos batteries entièrement rechargées. Toutes les prises du centre commercial sont réquisitionnées !


Les boîtes de nuit sont stylées, mais la musique reste très commerciale. On danse sur « Cheerleader » de OMI qui a littéralement bercé notre trip australien. Une fois rentrées, couchées, je me rends compte que nous dormons sur un parking interdit au van, je réveille Justine qui a la flemme de conduire, je me lève, prends le volant pieds nus et cherche un endroit où nous poser. L’outil idéal : Wikicamp Australia qui vous coûtera 8$, l’application permet de trouver tous les spots où vous avez le droit de camper avec votre van, car c’est assez compliqué en Australie, on peut se faire réveiller en pleine nuit par des rangers et prendre une amende de plusieurs centaines de dollars. Après trente minutes de route, nous arrivons dans un camp rempli de vans, on a un peu peur, c’est hyper sale.

On repart très vite le lendemain matin, parce qu’en plein jour le camp est encore pire qu’en pleine nuit.


Cap sur Rainbow Beach et Fraser Island ! 


Oui, le nom est merveilleux mais la plage l’est tout autant. Des falaises multicolores entourent la plage, il y a beaucoup de 4x4 qui passent puisque c’est un des passages obligatoires pour rejoindre Fraser Island, l’ile de sable la plus grande du monde.

Pour traverser Fraser Island, il faut être en 4x4, nous laissons donc notre bébé van à Hervey Bay pour l’échanger contre un énorme 4x4 rose fuchsia ! Nous sommes trop contentes. Après 45 minutes de bateau, nous arrivons enfin sur l’île, c’est du sable à perte de vue, l’océan est déchaîné, nous n’irons pas nous baigner, c’est vraiment flippant, on a l’impression qu’il y a des requins qui attendent. La journée commence en apercevant l'épave du bateau SS Maheno, ensuite nous montons au-dessus de Indian Head, puis les « Champagne Pools » protégés par les rochers, cette piscine naturelle ne présente aucun danger pour la baignade. Elle se remplit grâce aux vagues qui s'écrasent contre les rochers et provoquent de la mousse. Nous sommes les deux seules à nous baigner. Nous allons ensuite à Eli Creek qui est une rivière d’eau douce qui se renverse dans l’océan. Il y a beaucoup de courant, on fait la planche et on traverse la rivière, on court pour repartir au début et miracle l’eau est chaude. On est comme des folles ! Notre dernière étape après avoir passé trois jours sur l’île, c’est le fameux Lake McKenzie, un lac où l’eau est aussi transparente que dans les Caraïbes, le sable est le plus blanc que j’ai vu ! Notre trip à Fraser Island s’arrête là.



La route du retour


Je dépose Justine à Hervay Bay et c’est à ce moment là que nos chemins se séparent, elle, part en bus jusqu’au Whitesunday et moi je ramène le van à Brisbane, je descends sur la Gold Coast et je m’envolerai le lendemain pour Bali. Toute seule dans mon van, à dormir sur un aire d’autoroute, j’ai du mal à dormir et elle me manque déjà… Arrivée à Brisbane, je monte dans un taxi direction la gare routière, j’attends mon bus. Je croise un mec que nous avions rencontré à Fraser. J’arrive à l’aéroport de Gold Coast 8h avant mon vol, je m’ennuie et je jette des fringues, je n’ai pas le choix, ma valise est trop lourde, je n’ai plus un rond pour Bali, il faut que je me débrouille et hors de question de payer un surplus à l’aéroport. Je fais les allers-retours entre la balance et la poubelle. L’aventure est finie, j’ai prévu de rentrer en France dans six jours.

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