• Justine

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Éditions Belfond


Fille d’immigrés russes juifs, Betty Goldstein Friedan est née en 1921 dans l’Illinois. Diplômée du Smith College, elle met en veille sa carrière de journaliste pour épouser un producteur de théâtre, Carl Friedan, et élever leurs trois enfants, avant de divorcer en 1969. Marquée par les récits de ses anciennes camarades d’université lors de leurs réunions, elle s’étonne du malaise des femmes au foyer dans l’Amérique prospère d’après-guerre. De ces entretiens ainsi que de ses nombreuses recherches naîtLa Femme mystifiéeen 1963 – en 1964 en France, dans une traduction d’Yvette Roudy – un best-seller immédiat toujours vendu et étudié aux États-Unis et fréquemment cité dans la pop culture. Dès lors, Betty Friedan s’impose comme l’égérie de la deuxième vague féministe. Elle crée l’association NOW, National Organization for Women, qui joue un rôle primordial sur la scène politique et culturelle des années 1960-1970. Tout au long de son parcours, Betty Friedan a prôné un féminisme modéré, visant une plus grande égalité des sexes (notamment sur le plan salarial) et des droits accrus pour les femmes tels que le droit à l’avortement, tout en déplorant « les dérives qui conduisent à une hostilité aux hommes ». Critiquée un temps pour les valeurs bourgeoises dont son œuvre serait imprégnée, Betty Friedan n’en demeure pas moins une figure de proue du féminisme moderne. Infatigable militante présente à toutes les grandes conférences sur les droits des femmes, elle s’est éteinte en 2006, victime d’une crise cardiaque.


Dans cet essai passionnant, fruit d’innombrables entretiens et d’une longue et minutieuse enquête, la journaliste féministe Betty Friedan met des mots sur l’indicible malaise féminin : loin de la plénitude de la femme au foyer célébrée par l’American Way of Life, la femme noie ses frustrations, intellectuelles, culturelles, sexuelles, dans l’alcool et les psychotropes, réduite au rôle de procréatrice silencieuse par un système patriarcal sournoisement oppressant, coupable d’être malheureuse dans une société qui prétend tout faire pour la combler.


MON AVIS


Incontournable ! Publié aux États-Unis en 1963, le « livre qui a changé la vie des femmes » a eu un impact considérable. Écrit par la journaliste Betty Friedan, le texte est bien documenté, comporte une foule de citations et prend des positions bien tranchées. En le lisant, on peut mesurer le chemin parcouru depuis les années soixante, mais aussi ce qu'il reste à faire…


Cet essai est un monument du mouvement féministe des années 60 aux Etats-Unis pour l'éclairage qu'il apporte sur l'abandon dont les femmes sont victimes de la part de la société. C'est au-delà de ça un témoignage poignant et d'une limpidité incroyable sur toute la construction sociale d'un pays dont nous continuons de vénérer le modèle et les réussites.


CITATIONS


"La femme paie des connaissance intellectuelles de la perte de ses précieuses qualités féminines... Toutes les observations confirment que la femme intellectuelle est masculine; sa pensée chaleureuse et intuitive a cédé la place à une réflexion froide et stérile" (Helene Deutsch, The Psychology of Women)


"Chaque femme qui lutte contre les dernières barrières qui la séparent de l’égalité totale – barrières que cache soigneusement la mystique féminine – aplanit la route à la suivante."



"Quand les femmes ne se contenteront plus de vivre à travers leur mari et leurs enfants, les hommes cesseront de se défier de l’amour et de la force des femmes ; ils cesseront de rechercher la faiblesse de l’autre pour se prouver leur virilité."


Vous pouvez le trouver ici

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