• Justine

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Mis à jour : 23 sept. 2019


Éditions Libertalia


Valérie Rey-Robert est une militante féministe. Elle combat les violences sexuelles depuis près de vingt ans et anime le blog Crêpe Georgette.


La culture du viol touche toutes les cultures, tous les pays. Elle présente cependant des particularités bien spécifiques selon le milieu dans lequel elle s’exprime et se développe. En France, chaque fois que la question des violences sexuelles est posée dans le débat public, les mêmes réticences s’expriment. Certains s’élèvent pour dénoncer l’horrible moralisme réactionnaire qui voudrait condamner la liberté sexuelle si chèrement acquise, nuire à l’identité amoureuse nationale en important le puritanisme au pays des libertés. Avec un vocable bien choisi et une certaine hypocrisie, on évoque l’amour à la française en termes de galanterie, de courtoisie ou de libertinage. On loue nos traditions, l’attention portée aux femmes et la sophistication de nos jeux de séduction. Derrière ce charmant vocabulaire, la réalité est beaucoup moins glamour. 


Mon avis


Parce que cet essai met en lumière ce qu'est la culture du viol, et que finalement elle est partout ET BIEN PRÉSENTE dans nos sociétés ! Grâce à des exemples simples, (comme les paroles de chansons d'Orelsan ou de Robin Thicke ou des témoignages poignants) Valérie Rey-Robert démonte cliché après cliché cette culture ancrée qui consiste à estimer que la victime n’est jamais assez pure, le violeur toujours un peu excusable. Son essai est avant tout pédagogique : des chiffres, des études, du concret. La réalité, elle la résume ainsi : «  Le violeur est un conjoint, un ami, un cousin, un thérapeute, notre acteur ou notre chanteur préféré, un supérieur ou un collègue, un SDF comme un PDG. Bref, il n’a aucune caractéristique particulière. »


Ce livre m'a retourné le coeur, littéralement, il change notre rapport aux mots, aux gestes, à ce que l'on peut penser parfois dû à notre éducation, et le conditionnement.

52000 femmes victimes de viol par an et 370000 de tentatives de viol. Les chiffres sont là.


Il est parfois difficile à lire, je le reconnais.


Citations :


"La culture du viol est partout, chez moi et chez vous lecteurs, dans les émissions que nous regardons, dans les livres que nous lisons, dans nos institutions. Il est difficile d'admettre que nous participons toutes et tous à des degrés divers à la culture du viol."


"Céder n'est donc pas consentir. Céder, c'est ne pas avoir à portée de main l'éventail des choix possible et de prendre celui qui sera pour vous le moins désavantageux. Une femme auprès de qui le mari insiste pour avoir un rapport sexuel et qui sait qu'elle doit profiter au maximum de ses quelques heures de sommeil avant que le plus jeune de ses enfants ne la réveille ne consent pas ; elle cède. On ne peut parler de consentement puisqu'elle n'est pas à armes égales avec son mari ; c'est elle qui doit se lever pendant la nuit pour les enfants, c'est elle qui doit se lever plus tôt pour leur faire le petit déjeuner et avoir le temps de se préparer, elle qui doit calculer que si elle dit non à son mari c'est toujours autant de sommeil en moins, à lui expliquer son refus. Son mari n'a pas ces calculs à faire."


Vous pouvez le trouver ici

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